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Olivier Edwards : « L’avocat du futur sera capable de contrôler l’IA »

Olivier Edwards
Olivier Edwards
Avocat, Edwards & Praly
#avocat
#IA

Avocat depuis plus de cinquante ans, spécialiste du droit des affaires et conseil de nombreuses startups, Olivier Edwards est un fin connaisseur du secteur. Il suit de très près les évolutions technologiques et leurs effets sur la pratique du droit, le fonctionnement des cabinets et les besoins des entreprises.

Vous avez suivi l’évolution des technologies dans le droit des affaires depuis de nombreuses années. Quelles en ont été les grandes étapes ?

Je vais vous faire sourire : j’ai commencé à exercer dans un cabinet où il n’y avait pas de photocopieuse ! Plus sérieusement, les grandes étapes ont été l’arrivée du fax, aujourd’hui oublié, qui a accéléré les communications, puis l’arrivée des ordinateurs, d’abord fixes puis portables, l’arrivée d’internet, réaccélération des communications, et enfin l’arrivée de l’intelligence artificielle. Ma vertu a été de m’adapter à tous ces changements.

Quels sont aujourd’hui les principaux enjeux pour les cabinets et pour les entreprises ?

Les avocats et leurs cabinets, pour les anciens, ont dû s’adapter et s’ils sont toujours là, c’est qu’ils ont réussi leur adaptation. Pour les plus jeunes, tout était déjà là, sauf l’intelligence artificielle.

L’enjeu, pour eux comme pour les entreprises, sera de tirer le meilleur parti de ce nouvel outil sans en faire un Veau d’Or pas plus qu’un diable. Une approche pragmatique permettra de sélectionner les outils qui feront gagner du temps ou débarrasseront l’avocat de tâches répétitives sans valeur ajoutée, voire les deux en même temps.

À titre d’exemple, le passage du secrétariat juridique d’une version papier à une version numérique, avec un outil tel qu’Alex Legal, permet de simplifier la gestion des procès-verbaux divers et variés et leur signature, de maintenir à jour la table de capitalisation et d’organiser rapidement et sans difficulté une data room en cas d’opération de haut de bilan.

Le passage du secrétariat juridique au numérique, avec un outil tel qu’Alex Legal, permet de simplifier la gestion des procès-verbaux et leur signature, et de maintenir à jour la table de capitalisation.

Genial.ai, outil de recherche, permet dans le cours d’une visioconférence de vérifier que telle jurisprudence ou texte de loi est toujours d’actualité. Haiku.fr, de son côté, permet l’analyse et la gestion de contrats divers et souvent volumineux.

Peut-on parler d’un moment charnière pour la profession ?

Absolument ; plus encore que l’arrivée de l’internet car ici l’adaptation passera également par une restructuration des effectifs assortie de la difficulté d’assurer l’avenir.

Diminution des effectifs car l’outil « IA » va prendre en charge les tâches chronophages et ennuyeuses qui étaient assurées par les jeunes générations d’avocats et assuraient leur formation progressive. Ces postes vont donc disparaître. Reste qu’il faudra tout de même former les jeunes générations.

L’autre conséquence, peu perçue à ce jour, sera la nécessité pour l’avocat de déterminer la qualité de l’information fournie par l’IA. Pour cela il faudra posséder une culture générale que ma génération possède mais que les générations suivantes n’ont pas du fait de l’hyperspécialisation qui leur a été imposée.

Chez Edwards & Praly, les avocats sont formés à cette pratique du droit.

Qu’est-ce qui fait, selon vous, un bon outil ? Quelle importance accordez-vous à l’équipe qui le développe et à sa connaissance du métier ?

Un bon outil est un outil qui permet à l’avocat de se concentrer sur ce qui fait sa valeur et son prix. L’équipe qui le développe doit ainsi posséder une connaissance intime de la pratique quotidienne de l’activité de l’avocat.

Je me vois encore aujourd’hui proposer des logiciels de gestion de calendrier mettant en avant les alertes procédurales alors que nous ne plaidons pas ! J’ai également vu de grosses structures engager des « public relations » ou des « commerciaux » venant de grandes entreprises qui se révélaient nuisibles car il n’est pas possible de « vendre » un cabinet d’avocats comme une lessive.

Comment voyez-vous l’articulation entre les nouvelles technologies et le conseil de l’avocat ?

Comme je l’ai dit plus haut, l’avocat du futur sera capable de contrôler l’IA et devra délivrer de la qualité. Pour cela les structures lourdes devront gagner en agilité alors que la puissance de travail des structures légères est d’ores et déjà augmentée.

Il devra également poursuivre sa veille technologique afin de ne pas rater la prochaine révolution.